07 juin 2006
A quand du Courage politique à Gauche
Nous servir à satiété l'insécurité physique à chaque élection cache les vrais raisons de la crise:
- Régime institutionnel délabré par l'oligarchisme, le clanisme et le corporatisme
- Paupérisation accrue des plus exposés aux méfaits inéluctables du monde économique par le biais d'un modèle qui ne sert que les intérêts particuliers
- Cohésion sociale et nationale dynamitées par les discours haineux et communautaires
- Pouvoir d'achat et salaires misérables poussant souvent aux replis sur le capital matériel que l'on possède (explique souvent la question de l'insécurité physique: Quand il n'y a plus d'offres de conquête en terme de droits, il ne reste plus qu'à défendre ce que l'on possède)
- Conservation de Privilèges (Oligarchisme sur fond de Démocratie pervertie) etouffant toutes politiques de l'Intérêt Général
Voici la liste non exhaustive des raisons de la crise en France mais aussi en Europe et dans le reste du Monde Occidental
Certes, la question de la sécurité physique est importante mais elle n'est que le syptôme d'un malaise plus profond: Celui des injustices sociales que fait peser sur nos sociétés un modèle économique qui nie toute dignité à la large majorité de notre humanité. Ce n'est pas en mettant des flics à chaque coin de rue ou en enfermant des enfants dans des camps militaires que nous réussiront à relever le défi de la dignité et de l'émancipation de l'ensemble de l'Humanité. Et cette question est toute aussi pragmatique et concrete que la question de la sécurité mais elle est moins spectaculaire et demande un véritable courage politique...... celui de s'attaquer à la question la plus concrète qu'il soit dans la marche de notre société: La répartition entre les fruits du Travail et la part du Capital. en répondant à cette question, nous trouverons les moyens de financer nos ambitions collectives et individuelles afin de rétablir une société démocratique et républicaine digne de ce nom, capable de donner à chacun une place DIGNE et les possibilités de s'émanciper de sa propre condition. C'est la raison d'être du socialisme. Sans ceci point de salut.
06 juin 2006
Une réussite en trop l'oeil
A l"heure ou les socialistes européens se cherchent une doctrine pour le XXIe siècle, celui qui fait office d'exemple depuis près de 10 ans laisse un gout amer et une facture (fracture) énorme comme héritage à l'histoire internationale du socialisme. La trahison est grande pour celles et ceux qui cherchent une alternative crédible à un modele totalitaire construit autour d'une idéologie qui ressemble étrangement à celle que nos ancetres connaissaient, il y a maintenant plus d'un siècle. Tony Blair le fossoyeur d'espoir ne peut être l'exemple à suivre, ni la boussole idéologique des socialistes. Accompagner ou résister: Nous [Le Nouveau Parti Socialiste] préférons résister. S'accommoder ou inventer: Nous choisissons l'invention dans le respect de nos valeurs et de nos convictions sans dogmatisme mais avec la certitude que nos actes sont portés par le souci de l'interet général.
Ceci sera la posture de notre courant dans le cadre de l'élaboration du projet socialiste pour 2007. Alors que la médiocrité s'exprime, insultant par la même, l'intelligence de nos concitoyen(ne)s, il est nécessaire que les anonymes que nous sommes témoignent du fait qu'il existe d'autres voix qui seront à n'en pas douter, celles de l'avenir du Parti Socialiste en France et en Europe.
Nous vous mettons en ligne, une tribune sur les dégats de la politique de Tony Blair. Bonne lecture.
Par Philippe Marlière
Maître de conférences en sciences politiques à l’université de Londres (1).
(1) Auteur de la Troisième Voie dans l’impasse.
Essais sur Tony Blair et le New Labour, Syllepse, 2003.
Après la sévère défaite du New Labour aux élections municipales, une majorité du groupe parlementaire travailliste a exigé de Tony Blair qu’il annonce la date de son départ anticipé de Downing Street. Le parti a perdu 200 000 adhérents depuis 1997 (- 50 %) et l’image du premier ministre est très dégradée dans l’opinion publique. Le public le perçoit comme un menteur invétéré et son autoritarisme déplaît. Les Britanniques contestent surtout sa politique de marchandisation des services publics et l’occupation américano-britannique en Irak est plus impopulaire que jamais.
Et pourtant le cercle de ses admirateurs à l’extérieur du royaume ne fléchit pas. À droite, Bush continue de louer le « courage » de l’homme d’État qui a coorchestré avec lui le plus grand désastre géopolitique de l’après-guerre (sur la base de rapports mensongers) ; Berlusconi, Aznar, Durão Barroso ont à de nombreuses reprises salué celui qui a su faire « fructifier » l’héritage thatchérien, et le baron de Seillière, enthousiaste, s’est exclamé : « Je suis un socialiste anglais ! » À gauche, la social-démocratie n’a pas tari d’éloges non plus, à quelques exceptions près. La minorité antilibérale du PS a certes rejeté en bloc la « troisième voie » blairiste. Mais l’axe majoritaire jospino-hollandais a réagi avec ambiguïté et hypocrisie au défi qu’elle posait.
Seul Dominique Strauss-Kahn a eu l’honnêteté intellectuelle de mettre ses actes en rapport avec ses paroles, en nouant des liens étroits avec les idéologues du blairisme. Plus récemment, Ségolène Royal a décerné un brevet de « politique de gauche » à l’action du gouvernement britannique. Pour ses admirateurs de gauche, le blairisme n’est certes pas la panacée (guerre d’Irak, amitiés douteuses avec Bush et Bersluconi), mais son bilan économique est « bon ». Blair est crédité de la rénovation des services publics et de « bons résultats » sur le plan du chômage.
Depuis 2001, le gouvernement néotravailliste a effectivement augmenté le budget de l’Etat dans les transports, la santé et l’éducation.
Cependant, Tony Blair a largement recours au service privé pour moderniser les services publics à travers les partenariats public-privé (PPP). Les PPP sont un projet d’inspiration néolibérale (conçu par les conservateurs). On confie au privé la construction d’infrastructures (hôpitaux, écoles, prisons) qui en assure ensuite la gestion. L’État doit souvent subventionner une partie de ces projets à but lucratif, alors qu’il n’est ni propriétaire des immeubles construits ni ne reçoit aucune des recettes liées à son exploitation. En pratique, les PPP coûtent plus cher aux contribuables que des services publics gérés par l’État et ils tendent à offrir aux usagers des services de qualité inférieure.
Des conclusions hâtives sont tirées de la simple comparaison des taux de chômage britannique (5 %) et français (10 %). Plus de la moitié des titulaires du régime d’invalidité (Incapacity Benefit), environ 2,7 millions d’individus, sont en réalité des chômeurs de longue durée. Le gouvernement considère que ces personnes sont inemployables car leur niveau de qualification est très faible.
Le taux de chômage britannique est ainsi artificiellement revu à la baisse. La segmentation du marché du travail est telle qu’à côté de régions riches (le sud de l’Angleterre), il existe des poches de pauvreté profonde (nord de l’Angleterre, Écosse, des quartiers de Londres). Ce sont dans ces régions et au sein de ces catégories sociales continuellement exclues du marché du travail que l’on recueille les bataillons d’individus en régime d’invalidité.
Le gouvernement néotravailliste a mis en place depuis 1997 des politiques assez « agressives » de retour au travail. Le New Deal pour les jeunes, tant vanté par Ségolène Royal, est un super CPE qui vise avant tout à alimenter les secteurs (les services en particulier) qui requièrent une main-d’oeuvre sous-qualifiée, mal rémunérée et corvéable à souhait.
Il est donc cohérent que les conservateurs et néolibéraux de tout poil trouvent le blairisme à leur goût. Par contre, comment expliquer la persistance d’un courant blairophile à gauche ?
Crasse ignorance de la situation britannique ? Ou alors, ces demi-habiles prépareraient-ils l’opinion à l’inéluctabilité d’un blairisme à la française ?
Je vous invite à lire notre édito intitulé "Du British National Party au Front National" en complément de cette tribune.
01 juin 2006
Pré-inscription à l'Université de rentrée du NPS
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